|
Compte-rendu de la croisière Jeunes Antibes - Antibes du 22 au 29 mars 2008 Nous partîmes cinq, mais par un prompt renfort nous nous vîmes six en arrivant au port ... Plus exactement au port de Golfe-Juan, où nous attendait Nicole levée aux aurores et déjà d'attaque devant un magnifique Hanse de 37 pieds, pratiquement neuf. Le temps d'assurer l'avitaillement (et de déguster au passage quelques sardines grillées et autres coquilles St Jaques, sur les quais) et nous voilà prêt à appareiller. Mais compte tenu de l'heure déjà tardive (16h00 environ) et des conditions météo relativement médiocres, Yves notre skipper décide de remettre le départ au lendemain.
Dimanche matin, après une nuit animée par le chuintement ininterrompu et obstiné des pare battages, amoureux du bateau voisin, le clairon retentit à 6h00 précise ! Le regard de Marina en dit long sur l'enthousiasme que lui procure ce réveil "sub-matinal". Après un copieux petit déjeuner, l'équipage est sur le pont - plus dispos que frais à vrai dire - destination ouest où les conditions de vent semblent plus prometteuses. Dix minutes plus tard, alors que nous hissons la GV, nous remarquons une jolie déchirure d'une vingtaine de centimètres juste au-dessus de la bôme. Un début plutôt déplaisant, mais une prise de ris associée à un rafistolage de fortune nous évite finalement toute déconvenue. Téléphone au loueur qui nous donne rendez-vous au port de Saint-Raphaël où une réparation plus aboutie est effectuée et d'où nous repartons vers 15h30. C'est par une mer animée et un beau noroît de force 7 que nous rejoignons Saint-Tropez en tout début de soirée. Le temps de se débarbouiller et nous pouvons enfin nous détendre en dégustant le fameux punch au rhum de Nicolas notre ami breton, qui à fait les beaux jours des marins en goguette, de Quiberon à Ploumanac’h et de Plogoff à Cancale ... le punch bien sûr, pas Nicolas ! Les six kilos de risotto aux champignons de Philippe - dont le sens des proportions semble devoir être sérieusement révisé - achèvent d'assoupir un équipage déjà éprouvé par une rude journée. Lundi matin. La météo vient au secours de Marina (et de quelques autres pour être tout à fait juste) en lui offrant la grasse matinée tant espérée. Ce n'est que vers midi que nous quittons Saint-Tropez malgré des conditions toujours difficiles, et nous mettons cap à l'est où l'on nous a appris que les éléments étaient nettement plus cléments. GV affalée, un tiers du génois suffit à nous propulser à plus de cinq noeuds de moyenne. Portés par un petit "zéphyr" d'ouest de force 8, dans une mer ma fois bien agitée, le parcours est mouvementé mais le cadre et l'atmosphère véritablement enchanteurs. Nous entrons dans le port de la Figuerette à Miramar à 16h30 par un beau ciel bleu et une température adoucie. Après la douche et le repas, la grasse matinée aidant, quelques "audacieux" choisissent de s'offrir une petite ballade sur les hauteurs et déguster un verre. Les autres se glissent dans leurs draps avec un bon bouquin et finissent par s'endormir au doux balancement de la houle. Fin de la seconde journée et toujours pas de mal de mer en vue ! Mardi. Mer peu agitée, belle brise et ciel bien dégagé. Nous entamons la journée vers 9h00 avec deux ris et un tiers du génois. La journée se déroule sans événement particulier, sinon que la dernière heure doit s'effectuer au moteur, le vent ayant choisi d'adopter l'indolence du midi en terminant sa journée à 16h30. Nous arrivons ainsi au port de Menton-Garavan vers 18h00 après avoir tout de même parcouru 45 milles sur la journée (plus que 900 milles à effectuer pour l'attestation de navigation, une paille !). Pendant l'apéritif, Yves un sourire dans les yeux nous apprend que la navigation de nuit est pour demain et que le départ est fixé à 4h00 ! Par un hasard bienvenu, la capitainerie de Menton est ouverte 24 heures sur 24 toute l'année... Bienvenu, car la clé des sanitaires doit nécessairement être restituée avant le départ. Mercredi ... Il y a des jours où on souhaiterait être grippé pour pouvoir rester au chaud avec un bon grog. Mais ce ne sera pas pour cette fois. La mer est belle et une petite brise de dix noeuds nous accompagne dans la nuit claire. La bouée lumineuse de l'est du port, l'un des relèvements retenu la veille à la table à carte, a manifestement décidé de ne pas être relevée et reste désespérément éteinte. Qu'à cela ne tienne, une visibilité parfaite nous permet d'ignorer l'infidèle et d'effectuer nos relèvements sur d’autres feux bien identifiés. Sortis du port, nous marchons tranquillement plein est à trois noeuds de moyenne. Le lever du soleil est de toute beauté et achève de nous éveiller, sans toutefois produire le même effet sur le vent qui déjà peu ardent finit par s'assoupir tout à fait. Nous franchissons ainsi la frontière italienne au moteur vers 9h00, pour nous amarrer quelques instants plus tard dans le petit port de San Ampeglio. Là, nous prenons le temps de déguster l'un de ces délicieux cafés italiens en espérant des airs favorables et vaillants, mais rien n'y fait et nous voilà contraints de repartir plein ouest dans des conditions désespérément calmes. Alternant voiles et moteur, nous n'atteignons Villefranche-sur-mer qu'aux environs de 17h00, soit après plus de six heures d'une route interminable. Alors que nous n'attendons que le moment de nous rafraîchir, la capitainerie nous apprend que les sanitaires sont hors service ! Il semble toutefois qu'en nous pressant un peu, nous puissions utiliser les douches d'un bistrot voisin pour nos ablutions, mais bien évidement contre monnaie sonnante et trébuchante. Fort heureusement la soirée se poursuit mieux qu'elle n'avait commencé. Pendant que les garçons se chargent de l'achat du pain, découvrant par là-même un très charmant village médiéval, avec notamment sa fameuse rue Obscure (XIVème siècle) et sa très belle Citadelle, les filles préparent un somptueux plateaux de charcuterie façon traiteur, qui n'a d'équivalant que le succulant saint-pierre au four de Nicole, qui suit, et que nous accompagnons d'un délicieux petit Anjou sec et bien fruité. Jeudi avant-dernier jour. Le vent hélas est toujours aussi paresseux. Nous louvoyons péniblement direction Antibes, pour atteindre l'anse de la Salis aux environs de 11h00 où nous mouillons par six mètres de fond. L'occasion de nous attendrir quelques instants sur les écoles de voile des minimes, dont l'enthousiasme et la bonne humeur nous ravissent positivement. L'occasion aussi de travailler les différents aspects théoriques et pratiques du mouillage. Une heure plus tard, le maniement du guindeau et l'évaluation de la nature des fonds n'ayant plus de secret pour nous, nous reprenons la route tantôt cahin, souvent caha ! A l'approche de Juan-les-pins un groupe d'une cinquantaine de dauphins, vraisemblablement en train de chasser des exocètes, nous arrachent à notre torpeur. Nicolas en vieux caboteur m'explique qu'on peut les attirer en tambourinant sur la coque. Je m'exécute. Mais comme que je scrute attentivement la surface espérant apercevoir le leste odontocète (un peu d'emphase n'a jamais nuit), c'est la queue d'un beau thon (ou d'une grosse bonite) qui surgit à quelques mètres de moi. Nicolas, plein de délicatesse, croit bon d'ajouter que j'ai toujours attiré les thons ... Ma femme appréciera ! Un peu plus tard, alors que les dauphins semblent s'éloigner, nous remarquons à faible distance une sombre nageoire fendant les vagues. Le requin comme attiré par notre embarcation nous accompagne ainsi pendant plusieurs minutes, mais finit par abandonner lassé sans doute par l'inertie de cette coque décidément peu joueuse. Nous choisissons finalement de profiter du reste de l'après-midi pour nous dégourdir les jambes et nous accostons à la marina de Port Gallice vers 14h00. Le reste de la journée est consacré à la visite de Juan-les Pins et au shopping. Le dernier jour commence par le plein de diesel. Il faut bien commencer par quelque chose. Hélas pas de changement notable question météo. Nous nous baladons par deux noeuds d'un vent variant du nord-est au sud, sans jamais forcir. Heureusement le ciel est magnifique et la "Grande Bleue" n'a jamais porté aussi bien son nom. Vers midi, mouillage à la voile à Sainte-Marguerite, l'une des quatre îles de Lérins situées au large de Cannes. Le temps et d'admirer l'impressionnant Fort Royal (qui abrite aujourd'hui un fort intéressant musée de la mer) en dégustant sur le pont notre dernier repas à bord, et nous devons déjà rejoindre Golfe-Juan ... nettoyage du bateau oblige. L'équipage débarque ainsi à 14h10 sain et sauf et surtout sans qu'aucun de ses membres n'ait succombé au mal de mer ! |